janvier 30

# 5 – Comment désirez-vous appeler votre ego ?

4  commentAIRE(s)

La lecture de cet article peut éveiller une certaine résistance en vous, voire même vous faire grincer fortement des dents… et c’est tout à fait normal. Il est difficile d’accepter que tout ce que nous croyions à propos de nous n’est en fait qu’illusion. C’est tout un cheminement pour réellement conscientiser que nous ne sommes pas notre ego, mais bien plus que cela.

Avant de définir l’ego, déterminons d’abord le mental. Il nous permet de modéliser, de donner une forme, une apparence à l’énergie, qui est partout autour de nous (une table, le ciel, l’eau, le feu, ...). Il intervient sur le fonctionnement automatique de notre corps, notre respiration, notre capacité à nous orienter, la mémoire, etc. Sortir du mental empêcherait toute expérience puisque nous sortirions de la forme donnée aux choses.

L’ego, c’est la survie (à ne pas confondre avec la crise d’orgueil ou d’ego). Il nous permet de délimiter notre corps physique, de définir notre personnalité, notre identité. Sans conscience de notre limite corporelle, nous pourrions être tentés de traverser la route au moment où un camion passe. Sans l’ego, nous n’aurions pas de corps, pas de personnalité, pas d’identité, donc l’expérience humaine ne pourrait pas avoir lieu non plus.

Cet ego, notre identité, aussi appelé le Moi, n’est qu’une illusion, une projection mentale de qui nous pensons être, un jugement de nous-même.

A notre venue au monde, nous n’avons pas encore d’ego. Il prend naissance au moment où nous réalisons que c’est notre reflet dans le miroir, que nous sommes cette personne dans ce corps physique. De là, nous construisons notre personnalité à partir de cette image projetée de nous-même.

Notre vision du monde passe par le prisme de notre ego. La quasi-totalité de nos pensées est dominée par l’ego. C’est comme un voile qui cache qui nous sommes réellement à l’intérieur, qu’on appelle le Soi. Certains décrivent l’ego comme une distorsion de l’âme.

Pour comprendre la différence entre le Moi et le Soi, fermez simplement les yeux et visualisez votre main dominante. Décrivez ce que vous voyez. Ensuite, ressentez votre main dominante. Décrivez vos ressentis dans ce membre. Vous constaterez que la différence se joue au niveau de la dimension. La vision de la main apparaît en 2D, comme l’ego. Les ressentis se présentent en 3D, comme notre Soi, qui sommes dans notre corps tout entier.

La perception dogmatique est que notre ego est mauvais ou qu’il est néfaste d’avoir un ego, ce qui est faux. Il n’est ni bon, ni mauvais mais neutre. C’est notre rapport avec lui qui va faire toute la différence. L’être humain se sent perdu sans identité, quand il ne sait pas qui il est. Quand l’ego devient plus qu’un moyen de survie, qu’il représente notre seul moyen d’identification physique ou sociale, à ce moment-là, il perd sa neutralité.

Depuis notre enfance, nous avons involontairement intégré dans notre ego toutes les programmations, les croyances, les influences, les codes familiaux, socio-culturels, scolaires, professionnels, amicaux, amoureux, religieux, etc. Nous avons absorbé un nombre incroyable de choses que la bienséance et les conventions imposent, pour rentrer dans des moules, convenir aux attentes des uns et des autres.

Quand enfant nous n’avons pas pu valider par nous-même une information transmise, chaque fois, l’ego a été renforcé.

A l’adolescence, nous devrions explorer le monde extérieur, expérimenter différentes choses pour couper cette laisse mise depuis notre plus jeune âge. Nous devrions valider pour nous-même tout ce qui nous a frustré, tout ce qui ne nous correspond pas pour nous trouver, être en accord avec nous-même, notre Soi.

Dans cette phase d’auto-validation, ceux, qui ne font pas ce processus ou ne le font pas jusqu’au bout, resteront dans cette position d’enfant devant leurs parents et le monde extérieur. Leur ego est comme cadenassé jusqu’à leur « éveil », ce qui a pour conséquence ce besoin permanent d’être validé par « papa/maman », de vivre à travers le regard et le jugement des autres.

Nous avons bâti notre identité à travers lui, avec tant d’énergie, que nous lui avons donné une puissance démesurée sur notre vie, sur nos actes. Et plus nous donnons du pouvoir à nos pensées, plus nous lui donnons de l’ampleur et créons ainsi nos propres tourments.

De très grandes souffrances peuvent ainsi être vécues lors d’une identification trop forte aux rôles que nous nous sommes appropriés. Pourtant, ils ne représentent uniquement que des facettes à jouer en société.

Plus nous nous jugeons et plus nous absorbons toutes ces croyances, ces programmations, ces règles sans les avoir validés pour nous-même, sans avoir décidé de ce qui nous convient d’être ou de faire, plus cela nous éloigne profondément de notre être intérieur, de notre Soi.

Plus l’éloignement devient conséquent, plus l’espace entre le Moi et le Soi s’agrandit, générant un vide intérieur, un mal-être en nous, si difficile à cerner.

L’être humain détestant le vide, nous allons tenter de le combler par différentes choses extérieures qui vont générer des dépendances de toutes sortes :

  • Dépendance matérielle : combler par la matière : acheter du matériel, accumuler, s’encombrer d’objets. L’économie mondiale est basée sur cet ego matériel.
  • Dépendance relationnelle : combler par la relation de couple pour éviter de se retrouver seul. Nous pouvons nous sentir bien au départ, mais la dépendance affective créée va provoquer un mal-être encore plus grand le jour où la relation se termine. Cette dépendance peut aussi se manifester à travers le besoin d’être constamment entouré de gens, en plus de son ou sa partenaire.
  • Dépendance de consommation : combler par la nourriture, le tabac, l’alcool, les drogues, les jeux vidéo, le sexe, ...
  • Dépendance en occupations : combler en s’étourdissant d’activités en tous genres, dans le sport, en se perdant dans le travail, dans le rôle de parent, …

Sur le moment, un certain soulagement peut être éprouvé. Néanmoins, très rapidement, nous ressentons toujours ce vide persistant car rien de l’extérieur ne peut venir le remplir. Le seul moyen de l’assouvir est de fusionner l’ego et le corps, le Moi et le Soi et non de le tuer comme certains l’affirment.

Pour faire cela, reconnaissons, en premier lieu, ce qui lui donne de l’ascendance sur nous : les peurs, le jugement, la culpabilité, l’orgueil, la colère, la contrariété, la jalousie, la comparaison, la révolte, la rancune, ...

Lorsque nous donnons tout pouvoir à nos pensées, nous laissons tout contrôle à notre ego. Être dans nos pensées entretient l’ego mais de le réaliser l’atténue et nous en libère en même temps.

Ensuite, il s’agit de faire ou de finir le processus d’auto-validation, resté en suspens. Prenons chaque facette de nous-même en tant que père, époux, frère, fils, ..., confirmons clairement ce qui nous satisfait, ce que nous apprécions être et faire dans ce persona et par conséquent, adaptons les nouveaux comportements adéquats. Le succès de la fusion dépend des changements opérés durablement.

L’ego se nourrit aussi des griefs du passé et des peurs du futur (la projection du passé sur le futur). Le seul « endroit » où il n’a pas d’emprise est l’ici et maintenant.

L’instant présent semble alors la solution. Néanmoins, attention à l’ego spirituel. Nous ne pouvons pas être dans l’instant présent en demeurant dans notre tête, jugeant ce que vivons, intellectualisant nos ressentis. Le simple fait d’évoquer notre connexion avec le Soi nous coupe déjà de l’instant présent. Tant que cela reste dans la tête, l’égo est présent.

Tous les blocages émotionnels proviennent du fait de vouloir rationaliser, comprendre ce qui se passe en nous, nos émotions. Pourtant, elles ne s’intellectualisent pas, elles se vivent. Les laisser nous traverser complètement, sans chercher le pourquoi du comment, va nous libérer. En les retournant dans tous les sens dans notre tête, là où l’ego domine, nous ne faisons que les emprisonner en nous et maintenir ce mal-être intérieur.

L’ego divise, le Soi unifie.

En tout temps, bien RESPIRER est primordial. Le souffle est notre force de vie, notre énergie vitale. C’est la clé de la liberté pour être dans l’instant présent, en nous, dans notre corps, dans nos ressentis, en notre Soi. Il permet d’évacuer tout stress, toutes tensions, ce qui fait peur ou mal et de nous en libérer. C’est un pouvoir que nous avons en nous. La respiration en conscience nous connecte avec notre état de pure conscience, de ce qui est, sans opinion, sans jugement, sans déformation par une quelconque identité, croyance ou histoire.

Pour préserver cette harmonie intérieure, nous pouvons nous amuser avec notre égo, lui parler, le recadrer avec beaucoup d’humour et de dérision afin de le sustenter de manière volontaire. S’il n’obtient sa nourriture, il la cherchera à tout prix de façon chaotique et impromptue. Cela n’amènerait que des problèmes, des conflits, des expériences désagréables, des actes et paroles non désirés qui vont faire rejaillir ce mal-être intérieur encore plus intensément après.

Quand notre Moi et notre Soi ont fusionnés, nous nous sentons bien avec nous-même, tranquille, heureux, aligné avec la perception de nous-même, indifférent du regard des autres, sans besoin de nous sentir validé par l’extérieur.

Apprécions dans la joie d’être qui nous sommes, dans ce corps. Plus nous allons nous aimer, nous écouter, vivre et agir selon ce qui semble juste pour nous, aligné avec notre Soi, plus nous allons ressentir cette paix et cette joie intérieures. En étant si bien, notre niveau d’énergie augmentera, nous le rayonnerons, sans devoir convaincre qui que ce soit, de quoi que ce soit.

Être spirituel peut signifier vivre pleinement son rôle, incarner en pleine conscience son personnage, jouir de sa vie avec simplicité et légèreté, expérimenter ce qui vient, laisser les émotions nous traverser entièrement quand elles surviennent, être dans l’instant présent le plus souvent possible.

Nous ne pouvons mettre de mots sur qui nous sommes, notre Soi. Nous pouvons le ressentir mais pas l’exprimer. Toutefois, la plus proche définition ressemblerait à :

« Je suis qui j’étais, qui je suis et qui je serai »

Nous sommes celui qui perçoit des besoins, une personnalité, une identité, l’observateur. L’erreur est de nous identifier à nos observations. Avec l’amour du Soi, hors de l’intellect, nous rapprochons l’égo et le fusionnons avec le Soi, laissant émerger la spontanéité du moment.

Quand cette spontanéité et cette joie éclatent, nous n’avons plus besoin de faire de choix, les choses deviennent juste évidentes, la voie bien tracée, limpide !

Aucune nécessité de verbaliser l’amour de Soi ainsi développé, surtout si peu de gens peuvent l’appréhender. L’exemplarité reste la meilleure manière de communiquer ou de convaincre, de donner aux autres l’envie d’en faire de même.

Souvenez-vous de La loi d’attraction où vous vivez ce que vous vibrez, votre extérieur est le reflet de votre intérieur, de l’effet miroir.

En fin de compte, tout dépend toujours de la conscience que nous mettons dans les choses vécues. L’ego, l’argent, l’apparence sont parfaitement neutres. Ils dépendent uniquement des consciences qui en prennent possession.  Soyons profondément conscient que nous sommes là pour vivre quelque chose de bien plus grand, de bien plus jouissif que de juste survivre, payer nos factures, attendre impatiemment le week-end ou les vacances, courir après une chose que nous avions ardemment désiré et qui devient notre boulet ensuite.

« Il faut jouer pour devenir sérieux », disait Aristote. Si vous devez passer par l’épreuve d’une galère, jouer le jeu avec humour vous permettra, dans tous les cas, d’avaler la pilule plus facilement.

C’est pourquoi, pour faciliter cette fusion harmonieuse de l’ego et du Soi et y prendre pleinement plaisir, je vous invite à être joyeusement sérieux, amusez-vous, rigolez, dialoguez avec votre ego, taquinez-le. Donnez-lui même un petit sobriquet amusant pour que rien qu’en l’évoquant, l’espièglerie vous envahit, vous amenant la bonne distance pour vivre l’expérience dans les meilleures prédispositions.

« Alors avant de procéder à cette unification, comment désirez-vous appeler votre ego dorénavant ? »

Partagez si vous aimez, merci !

Si vous désirez expérimenter la méthode CALM™ pour sortir de la souffrance, vous libérer de vos croyances, des conditionnements, d’autres choses douloureuses vécues et/ou vous soulager de douleurs physiques, agissez maintenant :

Prenez rendez-vous pour une séance individuelle ou inscrivez-vous à l’atelier découverte.

Si vous connaissez la méthode, vous pouvez aussi venir à l’atelier suivi.

Pour pratiquer tranquillement chez vous, les audios sont à votre disposition à la Boutique.

Au plaisir de vous rencontrer ou de vous revoir prochainement. D’ici là, portez-vous bien !

Cécile Perrenoud


Vous apprécieriez peut-être ces articles aussi...

Laissez un commentaire...

Your email address will not be published. Required fields are marked

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  1. La Vie n’est qu’un jeu au cours duquel il ne faut pas prendre trop au sérieux les différents rôles que l’on choisit de jouer !
    L’humour est un outil indispensable alors rions de nous mêmes !
    La sincérité est aussi notre alliée sur le chemin. Reconnaissons nous en tant qu’humain relatif (gentil/méchant ; lumineux /obscur ; etc) et nous en serons plus satisfait.
    Merci pour ce texte !

  2. Bonjour,

    Votre article concernant l’ego est remarquable. Dans un lointain passé l’ego était appelé le compagnon.

    A notre époque, Grégory Mutombo, ancien parachutiste et officier de la gendarmerie, a sillonné durant 18 ans une Terre en proie aux guerres, à la terreur et aux dissensions, rencontrant l’Humanité dans ses aspects les plus sombres mais aussi, parfois, les plus éclairés. Mû depuis toujours par un inaliénable élan d’Amour, il présente la pacification consciente de notre monde intérieur comme issue à tous les conflits de l’existence. Sa vie est un exemple à diffuser.

    Le documentaire CE QUE NOUS SOMMES (depuis peu accessible en DVD) qui a été diffusé en salle de cinéma tourné sur une durée totale de six mois, au cœur des sessions du séminaire intensif « La Symphonie des âmes », conduit par Gregory Mutombo, nous fait entrer dans l’intimité de 70 participants, dont 4 en particulier sont suivis. Beaucoup de thérapeutes « chevronnés » et puis bien d’autres profils, issus de tous horizons, s’offrent ici, sans fard, dans leur volonté de se découvrir, de connaître leur nature profonde et, surtout, de se défaire d’un habillage devenu étriqué ou encombrant.

    Processus implacable de dépouillement de la personnalité, ce cursus met chacune et chacun face à ses peurs, croyances, hésitations, contradictions et responsabilités, jusqu’à ce que ne demeure plus qu’une double évidence : nous ne sommes pas ce que nous croyons être et notre identité véritable n’a pas de limites.

    Avec partage
    Léon

{"email":"Adresse email invalide","url":"Adresse du site invalide","required":"Champ obligatoire à remplir"}